Septembre 2012, biennale de la danse à Lyon
Trois créations autour du tango

Depuis son apparition à la fin du 19ème siècle autour de l'estuaire du Rio de la Plata, le tango est une danse de bal qui ne cesse de s'inventer et de renaître. Le tango s'enrichit de la diversité de ses danseurs et de leurs pratiques, de son rapport à la musique, à la poésie, à l'image, à la situation politique argentine, aux transformations urbaines, aux moyens de transport des hommes et des cultures. Le tango renaît toujours parce qu'il est porté par un désir d'invention, qu'il s'exprime socialement dans le bal, la milonga, ou plus artistiquement pour la démonstration ou sur la scène.

A partir du début des années 80, le tango populaire dialogue avec des formes plus écrites de musique et de danse. On pense particulièrement à la révolution musicale d'Astor Piazzolla, aux spectacles "Bandoneon" et "Vollmond" de Pina Bausch, aux pièces de Catherine Berbessou "A fuego lento", "Valser", "Fleur de Cactus" et à cette éclosions de jeunes danseurs, venus de Buenos Aires dans les années 90, conscients du patrimoine culturel à reconstituer après plusieurs années d'interdiction des bals et désireux de d'innover dans ce langage sans frontières.

A l'occasion de la biennale de la danse, Tango de Soie a soutenu la création chorégraphique et a offert la possibilité d'assister à la présentation de trois formes courtes de spectacles situés entre tango, danse contemporaine, hip-hop et acrobatie. Ce premier AFTER TANGO a visé à faire connaître le tango en tant que recherche chorégraphique, tant auprès des milongueros que du public de danse contemporaine. Il a rassemblé trois extraits, étapes de recherche ou pièce aboutie, qui rendaient compte de la diversité des approches et il a osé l'exercice difficile d'une rencontre sur « Comment parler du tango avec les mots de la danse ? » le samedi 15 septembre 2012.

 

Encore une fois - 14 et 19 septembre à 23h

Autour de la prochaine création "L'Enfer" 2013-14 , Compagnie Union Tanguera.
Interprètes : Esteban MORENO et Alessandra RIZZOTI

Première lecture dansée des commentaires radiophoniques de Jean-Paul Sartre s'expliquant sur le fameux  « L’enfer c’est les autres » tiré de sa pièce « Huit CLos »
« On a cru que je voulais dire par là que nos rapports avec les autres étaient toujours empoisonnés, que c'était toujours des rapports infernaux. Or, c'est tout autre chose que je veux dire. Si les rapports avec autrui sont tordus, viciés, alors l'autre ne peut être que l'enfer. Pourquoi ? Parce que les autres sont au fond ce qu'il y a de plus important en nous-mêmes pour notre propre connaissance de nous-mêmes. (…) Quoique je dise sur moi, toujours le jugement d'autrui entre dedans. Ce qui veut dire que, si mes rapports sont mauvais, je me mets dans la totale dépendance d'autrui. Et alors en effet je suis en enfer. Et il existe une quantité de gens dans le monde qui sont en enfer parce qu'ils dépendent trop du jugement d'autrui. »

« La pièce qui sera présentée par notre compagnie doit être vue et interprétée comme un exercice de relecture de cet interview, l'un des point de départ de notre prochaine création "L'Enfer". Mon travail, en tant que chorégraphe tanguero, est de récupérer un patrimoine culturel traditionnel et de le partager, et de le faire partager, pour le plaisir d’un public chaque fois plus nombreux. D’une autre part, en tant que « chercheur », mon travail est de modeler le langage chorégraphié du tango pour élargir et expérimenter ses possibilités expressives, narratives et dramatiques d’un point de vue théâtral. » Esteban MORENO.

 

14 et 19 septembre à 23h - A qui la faute ?

Création 2002 , Compagnie "Les 10 Corps", pièce pour deux danseurs.
Interprètes : Barbara ANDREIS et Farid AZZOUT

Une histoire d’amour est un étrange mélange de séduction, d’attirance et éloignement, de disputes et réconciliations, de jalousie et ambiguïté où se reflète l’histoire de chacun, ses faiblesses, ses peurs, ses rêves...
L’individualisme du Hip Hop se confronte ainsi à la symbiose du tango argentin, dont la proximité génère un étrange mélangé de passion et conflit ; les mouvements saccadés et ondulés se lient aux glissée, aux enjambées, le travail au sol devient complice d’un tango sur les genoux…
Une gestuelle toute particulière sur une musique d’Astor Piazzola veulent révéler les contrastes de la relation amoureuse.

 

 

 

La tarde en que tus ojos vi - 19 et 21 septembre à 23h

Co-production : Compagnie Libertango et Compagnie Fénix.
Extrait de 15 minutes d’une création en cours. Chorégraphie : Sol Buffet Laval. Interprètes : Gabrielle Weisbuch et Henri Bruère-Dawson. Photos : Jean-Luc Fortin.

A Paris, Buenos Aires, Berlin, Mexico, La Havane... Qui sait ? Un homme en proie à sa solitude. Une femme, un songe, son double le traverse, le déséquilibre, entraîne son réveil.
A la croisée de l’acrobatie, du tango, de la manipulation d’objet et de la danse.

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