© Denis Svartz

Exposition

Tours à tours danseurs et photographes, Nicolas Bertrand, Michel Robert et Denis Svartz, exposent une sélection de leurs prises de vues de ses dernières années lors de milongas et soirées organisées par Tango de Soie. 
Bals, musiciens, danseurs... différentes atmosphères de tango selon l'oeil du photographe...

"Vous la voyez déjà : des points lumineux formés par les abat-jour de lampes disposées sur des tables bistrot, des nappes argentées qui renvoient des éclats de lumières sur les murs et le bord de cadres photo, à l’intérieur desquels figurent des couples sur des pavés encore mouillés avec en arrière-plan des monuments de grandes capitales.

Pourtant au dos de votre boitier, le couple idéal que vous pensiez avoir capturé, est noyé dans un nuage sombre de pixels brouillés. Avec espoir, vous faites défiler les images qui s’entrechoquent avec celles faites l’après-midi même au Pilat, ce si beau paysage, une si belle lumière.

Entre-temps vos danseurs se sont éloignés dans un angle obscur, où votre objectif ne peut les suivre. Vous connaissez les usages du bal, le cercle les obligera à  revenir vers vous.

Cette fois, vous vous préparez. Dans votre cadre, vous intégrez l’arrondi d’une voûte, le coin d’un miroir où leurs pieds se refléteront. Ils se rapprochent en  suivant leur ligne de danse. Vous percevez dans vos pieds le rythme de la musique, n’est-ce pas votre air favori ?
La lumière court sur leur visage, éclaire le danseur, se réfléchit sur sa cavalière. Le plaisir qu’ils ont à danser vous donne l’envie d’être l’un d’eux. A cet instant vous dansez avec eux. Le poids de l’appareil 
se rappelle à vous. C’est le moment.

Soudain dans votre viseur une montagne bleue pale. Chemise, deux boutons ouverts, une manche froissant une robe à fleur. Devant le couple qui brusquement s’est rabattu, vous laissez retomber votre matériel le long de votre corps. Plaqué au mur, avec un sourire obligé, vous les laissez passer.

Quelques milliers de photos plus tard, parmi toutes ces images, il nous a fallu choisir, et remercions tous ceux qui nous ont offert un peu plus que leur tango." (Denis Svartz)

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